Des "Martiens" en soucoupes volantes? ef et pourquoi pas ?... déclare M. Louis BREGUET, le célèbre constructeur des "Bréguet" et "Super-Bréguet-deux-Ponts" Naveu tout d'abord. Lorsque soucoupes A peu près.... J'évoque (en jesus qu'il m'allait être moi-même les anticipations avec donné de rencontrer M. Louis leurs aérobus urbains, ce qui me BREGUET, je m'étais bien pro- fait penser à ces sacrées soucou mis de demander au pionnier de pes ... Mais M. Breguet pour- l'Aéronautique ce qu'il pensait suit son propos, et ce qu'il me des volantes. Mais confie est trop intéressant pour aussitôt introduit dans le vaste en rien laisser perdre. Il me ra burcau austère, en présence de conte son voyage, le troisième cet homme grand - qui est aus aux Etats-Unis, ses visites pas- si un grand homme - chez de ce re- sionnantes les construc- gard brillant d'intelligence der teurs: Bell, spécialiste des fu- Curtiss-Read, rière les lunettes, de cette sisées téléguidées : Thouette pleine de noblesse, général construit les moteurs des par la bienveillance même qu'il per Constellation et projette me témoignait.... je n'ai plus de remplacer les jets Saphir » osé. Tout simplement. Et ma foi, par des turbo.... Cette fois,' i est allé jusqu'au Canada j'ai posé les questions que me suggérait une actualité plus ter- urvolant les chutes du Niagara. restre le tout récent voyage de M. Bréguet aux Etats-Unis. PERIPLE AMERICAIN On le sait, le constructeur vient d'être invité là-bas pour Finauguration d'une galerie de bustes des Gloires de l'Aéro nautique ». Il y en a, jusqu'à présent, trois - dont le sien. Homniage mirité, mais qui n'est pas si commun de la part des Américains à l'endroit d'un étranger: - Ah oui. dit M. Breguet distraitement. ils m'ont placé dans la galerie des honneurs.... Bah! Je n'ai comme titres que d'avoir été réellement l'un des premiers à m'intéresser à l'a viation, et puis je me suis occu pé un peu de tout dans ce'te branche l'aviation civile, l'avia tion militaire, les hélicoptères.. Savez-vous que la question de l'hélicoptère me passionne ? J'ai là-dessus quelques idées et je erois pouvoir arriver, en quintu- plant la puissance des « jets >> sinon à réduire la corsommation en vol immobile, du moins à fa- ciliter et généraliser le décolia ge sur place. Vous voyez tout de suite les avantages de cette faci- lité.... en a été, là aussi, magnifique- ment reçu et a constaté l'exis- tence d'innombrables projets pour l'Aviation commerciale. Le plus important parait être la commande de 25 < Britannia > assée par Bristol aux Usines Canader. où des turbines B25 marqueraient une évolution dé- eisive du système Proteus» de Bristol. J'ai peur de ne pas très exactement suivre ces considé rations techniques, et de mal me retrouver dans les moteurs, les turbo réacteurs, les jets, les ro- ckets et autres noms barbares. Mais ce que je retiens et ce que M. Breguet omet de souli- gner c'est qu'il a été appelé et accueilli aux Etats-Unis et au comme un conseiller, Canada comme un aîné dont on sollicite les avis. IL EST TRISTE - D'ETRE PAUVRE.... >> On apprécie beaucoup le gi- nie français en Amérique; me dit-il. Et quand je vois ce qu'à New-York, les techniciens et tous les chefs de firmes pré- voient pour une politique d'aide à l'aviation pendant les dix pro- chaines années, je vous assure - qu'il est triste pour un Français de comparer ce dont il dispose... Peut-être devrions-nous travail- ler avec eux, en commun, de fa çon à supporter en commun des charges onéreuses, même pour eux. Leurs ouvriers, d'autre part, sont surtout qualifiés pour la série. L'avenir de l'aviation est tel que rien ne devrait être épar gné pour gagner du temps, donc de l'argent ou réciproque- ment. Car les progrès vont à pas de géant. Aux usines Bell, j'ai contemplé, muni de lunettes noi- res, les rockets d'où jaillis- sent d'effrayantes flammes. me croyais en enfer. Mais on pense. avec de tels matériels, at- tiendre peut-être 6 à 7.000 km.; ce seraient les téléguidés qui fe Bien raient la guerre tout seul. sûr, il y a beaucoup de < Jules Verne dans ces éperçus. des choses inouies se préparent et vite. - détail qui vous laisse imaginer le reste ! Il n'est pas si facile non plus de calculer des cou chettes et des tomettes en fon tion du pratique et des données générales. Enfin tout est prêt, depuis le 26 novembre 1952, nous pourrions sortir très rapidement. Quelles seraient les perfor mances d'un tel appareil ? Je ne vous les énumérerai pas. Sachez qu'avec des turbo B 25 dont ie parlerais tout à l'heu- re, on atteindrai 700 à 10.000 mè Mais on peut, pour com mencer. J'équiper moins ambi treg. tieusement. - d'un autre monde ? J'irai plus loin, voyez-vous. Je n'ai là des Bus aucune information spéciale. Je suis en train de lire un ou vrage intitulé: « Les Soucoupes Volantes viennent d'un au're monde », de Jimmy Guieu (1). Je ne connais pas cet auteur. Son livre me parait une compilation rigoureuse et critique de tous les cas sérieux de soucoupes. Mais si ce que racontent les témoi gnages sont exact, je puis vous affirmer, qu'il ne saurait s'agir d'engins construits par des hom res. Les soucoupes, si elles sont ce qu'en dit, ne sont pas des en- gins terrestres, et ce monsieur a raison. Je suis un peu étonné, je ques tionne: «Mais les Américains ou les Russes ? ». - - Alors, qu'attend-on ? J'espère bien qu'on n'atten- dra pas trop. Cela serait cou- teux. mais la France n'a plus une minute à perdre s: elle veut Impossible. Tous les témoins une place. enviable regagner dans le réseau aérien mondial. sont unanimes à insister sur le En tous cas l'appareil ne sera fait que les Soucoupes s'élèvent pas si rapidement dépassé », silencieusement. Et qu'elles n'ont et à quoi servirait de mettre pas une forme atrodynamique la résistance de moins d'une nuit pour traverser pour vaincre l'Atlantique ? Ce qui risquerait l'air. Cela me suffit. J'ai per- d'être dépassé en n'agissant pas. sonnellement jeté les plans d'un serait notre pays démuni turbo-sustentateur qui l'élè d'appareils de très grande classe verait sur place et obliquerait en Avec un seul internationale. Les prix sont éle-filant très vite. Je vés, naturellement. Mais, je me <«retor je pourrais lui donner Mais la forme d'une soucoupe. permets d'v insister, tout le monde est d'accord pour recon- ce que je ne supprimerai pas c'est le ronflement de la réac naître que personne n'aurait pu tion! Il faut que les Soucoupes Yaire le Brequet-Deux-Ponts à par conséquent, empruntent à meilleur marché. Malgré les mé- sources de puissance thodes artisanales auxquelles nous avons recouru pour fabri- quer nos 12 appareils. Alors ? Et M. Breguet ajoute: je gar- ce d'autres mais Sans doute une certaine amer tume, mais surtout une belle am- bition, transparaissent de ces pa- roles. Si la France pouvait à son tour aller de l'avant! Elle en a les moyens techniques. M. Bre- guet les lui donne. LE BREQUET-DEUX-PONTS 4 Et nous revenons... sur la ter- L'heure est venue de s'o- re rienter, dans l'aviation de trans port, vers le confort, les hautes altitudes, les vitesses de 7-800 kms-heure avec de grosses char- ges. C'est en ce gens que j'ai étudié notre Super Breguet- Deux Ponts ». Vous connaissez le Bréguet Deux Ponts > qui n'a nu, hélas, être fabriqué com- me il aurait fallu. Le Super > recevrait toutes les améliorations de confort nécessaires, qui sont pas rien pensez que dans le Deux Ponts simple, il y avait 24 kilomètres de fils électriques, ne de confiance. OUI, ELLES » VIENNENT D'UN AUTRE MONDE C'est moi qui justement n'a. plus < confiance ». L'entretien va se terminer et le moment so lennel est venu. Tant pis, je plonge : < Serait-il indiscret vous demander, Monsieur, . de ce que... enfin... comprenez-moi... la presse a besoin de sensationnel et je... un que les nôtres... peut-être ... M. Breguet ne s'est pas fâché. Il a souri, doucement. Et il m'a déclaré, en pesant ces mots : Voilà bien la question que j'attendais. Et je vous répondrai < pourquoi pas > ? Et, avant tout, pourquoi par des hommes lectricité. Je me garde seulement de l'imagination et je raisonne selon la logique. Les Soucoupes ne peuvent pas avoir une origine terrestre, si elles sont ce qu'on raconte. Maintenant, à vous de conclure... Marc BOURNEYROL (1) Editions < Fleuve Noir ».